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Le télétravail, comment ça se passe ?

Depuis quelques années maintenant, le télétravail pour les salariés fait de plus en plus parler de lui. Si les pays nordiques l’ont intégré dans le fonctionnement de leurs entreprises depuis longtemps déjà, la France reste encore à la traîne sur le sujet. Cependant les dernières semaines, tendent à penser que ce droit (oui maintenant c’est un droit) va se démocratiser de plus en plus. Mais en vrai, le télétravail, comment ça se passe ? Comment ça se négocie ? Quels sont les avantages, les inconvénients ? Un petit retour sur expérience pourrait vous éclairer.

Le contexte

Bien évidemment le contexte est primordial, il va être difficile pour un prof de maths de faire du télétravail (quoi que… visioconférence… cours à distance…). C’est principalement les emplois du tertiaire qui sont concernés par ce mode de travail. Pour ma part, mon emploi dans le numérique et plus spécialement dans le développement, me donne l’avantage que le télétravail commence doucement  à s’inscrire dans les mœurs des openspaces.

Ainsi, j’ai pu travailler de temps en temps de chez moi dès mon arrivée dans l’entreprise alors que je n’étais que stagiaire. Au début, le télétravail était instauré pour des cas exceptionnels (un rhume, une grève des transports), puis petit à petit le rythme s’est instauré, à raison d’un jour par semaine pour chaque membre de l’équipe.

Dans mon cas, les choses ont rapidement évolué puisque je suis passée de stagiaire à directrice technique en à peine 2 ans. Au début, il était très difficile pour moi de concilier le télétravail et la gestion d’une équipe de 5 personnes. J’avais l’impression de ne pas pouvoir aussi bien gérer à distance qu’en étant dans les bureaux. J’ai donc mis de côté le télétravail pendant quelques mois. Et puis, la fatigue des transports, le stress, le besoin de silence, de concentration ont repris le dessus. Il fallait donc que je reprenne mes jours de télétravail hebdomadaire mais différement.

Est-ce qu’il faut faire les mêmes tâches chez soi qu’au bureau ?

Théoriquement je dirais non. Mais la pratique est bien souvent différente de la théorie. Initialement, mes journées de télétravail devaient me servir à prendre du recul sur les projets, à planifier, à rechercher des améliorations, à explorer de nouvelles pistes de fonctionnement. Mais la réalité est loin d’être aussi parfaite.  Régulièrement je dois effectuer de chez moi des tâches de clientèle, de maintenance… J’ai d’ailleurs souvent soupçonné mon patron de m’appeler simplement pour savoir si j’étais bien chez moi et non pas partie faire du shopping. La confiance… On y reviendra.

Je pense que pour réussir à vraiment rendre bénéfique le télétravail il faut poser le cadre en amont avec les équipes qui elles sont au bureau ces jours là : les appels et demandes doivent se cantonner aux urgences, tout ce qui peut attendre le lendemain attendra le lendemain. Ainsi, on pourra vraiment créer une bulle de réflexion, se détacher du stress et des demandes incessantes de l’openspace. Mais là encore, il faut tout d’abord installer une relation de confiance.

Les soupçons de télétravail-fictif

Encore aujourd’hui, plus de deux ans après l’instauration du télétravail pour mon équipe, j’ai parfois l’impression de devoir faire face à des soupçons de la part de certains de mes collègues. Dans mon entreprise, tous les employés non pas l’autorisation de travailler de chez eux notamment le service commercial et clientèle et les services administratifs. Il est parfois compliqué de recevoir un petit « bon weekend hein ! » quand je pars le jeudi soir et que je télétravail le lendemain.

Pour contrer ces soupçons, j’ai toujours essayé d’être extrêmement réactive lorsqu’une demande ou un mail m’était adressé alors que j’étais en télétravail. J’ai l’impression que si je ne réponds pas à un mail dans la minute, on m’accusera de ne pas vraiment avoir travaillé. Pourtant, sur mon échelle de productivité, les journées chez moi explosent bien souvent le compteur.

Tout est une question de confiance, et la confiance ça prend du temps. Tout dépend de l’entreprise, de son historique, ses méthodes, du regard des collèges, des projets en cours. Je ne pense pas qu’il y ait de méthode miracle. Il faut simplement trouver celle qui convient le mieux à l’employeur et au salarié. Mais on peut par exemple, dans les premiers temps, envoyer un mail en fin de journée à son supérieur pour lui expliquer les réflexions et tâches qui ont été effectuées « at home » ou bien garder le contact avec ses collègues durant la journée via la messagerie d’entreprise ou par Skype. Ainsi, on participe un peu à la vie de l’openspace tout en profitant du calme de son chez-soi.

Deux ans plus tard, les avantages, les inconvénients

Les avantages il y en a plein. Ma journée de télétravail hebdomadaire me permet réellement de faire un break dans le « métro, bureau, dodo ». Rien qu’une journée sur cinq sans transport en commun ça change la vie. Sur ces journées, je me lève à la même heure que mes journées « classiques » mais au lieu de partir prendre le bus, j’ai le temps de gérer des papiers perso, de faire un coup de ménage, de prendre mon petit-déjeuner en plus de 2min40, de faire un tour sur mes sites favoris en buvant mon café. Quand j’ouvre ma boite mail pro à l’heure où normalement j’arrive au bureau j’ai l’impression d’être 100 fois moins fatiguée qu’en temps normal alors qu’il n’est que 9h00.

Un autre avantage est d’éviter la perte de salaire dû à un arrêt maladie. Si un gros rhume, un dos à moitié bloqué ou des douleurs mensuelles vous enlève toute idée de sortir de chez vous, travailler reste possible. Dans ces cas de figure, les deux parties sont gagnantes, à la fois l’employeur et le salarié. De mon côté, à force de travail et de confiance, je peux maintenant exceptionnellement travailler de chez moi plusieurs jours d’affilé. Bien pratique trois jours par mois.

Les inconvénients… ? Objectivement il y en a peu, si ce n’est comme je disais de savoir accepter et encaisser les soupçons de certains collèges. Mais petit à petit on y arrive, à force de dialogue. Et puis il suffit d’être au clair avec sa conscience.

Alors, on signe ?

Ces derniers jours, les premières ordonnances Macron entrées en vigueur renforcent ce droit au télétravail et l’encadre bien mieux qu’avant. Si vous ne profitez pas encore de cet aménagement qui va vous changer la vie, foncez demander un entretien à votre supérieur. Vous pouvez demander à faire un test durant quelques mois, un jour par semaine. Vous verrez que petit à petit les choses se mettront en place et que ce bol d’air hebdomadaire changera votre vision du « métro, bureau, dodo » 😉

2 Commentaires

  • Répondre Marion - Mangue Coco 2 octobre 2017 à 17 h 02 min

    Merci pour cet article très détaillé et complet ! J’ai toujours aimé le concept de télétravail, et comme toi je trouve dommage qu’il ne soit pas davantage appliqué en France. Mais tu l’as dit : tout est un problème de confiance, et si certains travailleurs comme toi restent assidus, comment contrôler ceux qui profitent de ce système ? Ce serait intéressant de voir comment les nordiques gèrent ce genre de cas de figure ! A bientôt !

    • Angie - Métro Bureau Dodo
      Répondre Angie - Métro Bureau Dodo 2 octobre 2017 à 17 h 16 min

      Merci pour ton commentaire ! J’espère vraiment que les mentalités changeront au fur et à mesure et que les employeurs comprendront qu’un employé moins stressé et moins fatigué est bien plus productif ! A bientôt 🙂

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