Endométriose Infertilité et Cie

Endométriose, infertilité et compagnie : et après la chirurgie ?

Il y a un an et demi j’arrêtais ma pilule. Il y 4 mois on me diagnostiquait de l’endométriose. Il y a 6 semaines je me faisais opérer de cette maladie, méconnue, un peu taboue et pourtant tellement commune. Et depuis… Et bien nous sommes au pied de la montagne PMA sans avoir encore le droit de démarrer l’ascension.

Les effets post-chirurgie

L’endométriose c’est une maladie qui vous bouffe la vie pendant des années sans jamais soupçonner son existence. Déjà parce que la maladie fait assez peu parler d’elle (même si grâce aux associations cela commence à évoluer. Merci Endofrance) mais aussi parce que les médecins n’en parlent pas (ou ne savent pas la diagnostiquer. C’est au choix). Les symptômes sont tellement différents d’une femme à l’autre et parfois tellement étranges, qu’on a du mal à croire qu’ils ont un rapport à avec cette maladie. Et pourtant…

Au delà des règles d’une douleur sans nom, j’avais mal au dos depuis 6 ou 7 ans. Des douleurs diffuses dans le bassin, pas paralysantes mais envahissantes. Après seulement quelques minutes de marche, j’avais toujours cette douleur dans les lombaires, en rythme avec ma respiration. Les douleurs au coccyx étaient aussi  régulières. Pour tout ça, j’ai consulté, passé des radios. On me répondait toujours que j’étais trop maigre, que je n’avais pas assez de muscles ou encore que je n’avais pas assez d’activité physique (pardon de bosser dans le numérique et d’être assise devant un écran 8 heures par jour).

Et depuis l’opération ? Plus rien. Je redécouvre le bonheur de marcher pendant des heures sans aucune douleur. Quand on a été habituée à souffrir quotidiennement je peux vous assurer que c’est très étrange. Parfois, je m’arrête de marcher pour « écouter mon corps » et vérifier que je n’ai pas mal. Mais non tout va bien. L’explication ? Nous avons dans le corps un ligament appelé ligament utéro-sacré et comme son nom l’indique il relie l’utérus au sacrum, donc au bas du dos. Chez moi ce ligament était complètement emprisonné dans un énorme nodule d’endométriose. Résultats tout était en permanence figé, bloqué.

Je ne vais pas tout détailler mais les effets digestifs sont aussi flagrants. Je n’ai plus l’impression d’avoir de l’acide dans tout l’abdomen pendant mes règles. Plus de gêne quotidienne. Je me sens mieux dans mon corps. Comme si quelque chose avait été libéré. Ha mais attendez, on me souffle dans l’oreillette que c’est le cas et que j’avais 5 organes collés entre eux. OK.

Cette chirurgie a été une épreuve, vraiment. La cœlioscopie est certes une technique chirurgicale peu invasive mais quand on vous triture les organes à l’intérieur forcément pendant les semaines qui suivent ça se sent, et ça fait mal ! Mais je ne regrette absolument rien. J’en ressens déjà les bénéfices et j’ai l’impression de revivre. Mais… Ça ne résous pas tous les problèmes.

Alors pourquoi la PMA ?

Depuis l’opération je dois avouer que je suis un peu perdue sur la suite. D’un côté le chirurgien m’a dit que j’avais toutes les chances de tomber enceinte naturellement dans les mois à venir. Pour lui toutes les adhérences ont été retirées et tous les organes préservés et intacts.

Pourtant j’ai un deuxième son de cloche. Ma gynécologue spécialisée en infertilité a un peu calmé mon optimisme débordant post-opératoire. Oui on a plus de chances, mais ce n’est pas gagné. Déjà, les résultats de Monsieur ne sont pas au top (pas de jaloux chacun son problème). Pas catastrophiques, mais vraiment pas au top, ce qui peut compliquer les choses. De mon côté, les ovulations n’ont pas l’air non plus génialissimes. On pourrait envisager une stimulation (Vive le Clomid et les jumeaux !) mais pour le moment si les têtards ne sont pas en meilleure forme ça ne servirait à rien.

Beaucoup de filles qui sont actuellement en PMA ou qui sont passées par là m’avaient prévenue. Il faut s’armer de patience, de beaucoup de patience. Je commence à comprendre de quoi elles parlaient. Les rendez-vous sont à des mois d’écarts. Il y a un gouffre monumental entre chaque escale. Des semaines sans rien où on se sent abandonnée et sans solution. Il faut attendre, toujours attendre, refaire des tests, des examens avant de décider. C’est long, très long.

Prochaine échéance fin octobre. Si les résultats de Monsieur sont meilleurs ont testera une stimulation pendant 3 mois. Sinon dans tous les cas le rendez-vous pour la mise en place d’une FIV est déjà prévu pour…. février… Il parait que quand tout se termine bien on oublie les mois d’attente et de galères. Mais quand on est dedans c’est long et déprimant.

Au moins, en attendant, je peux revivre « presque » normalement. J’avais oublié ce que c’était de vivre sans douleur alors je vais profiter de la vie, profiter de faire tout ce que je ne pouvais plus me permettre avant. Et puis attendre, continuer d’espérer et faire confiance.

1 Commentaire

  • Répondre Dounia-Joy 6 septembre 2018 à 12 h 10 min

    Bonjour,
    J’aimerai échanger en privée, aurais-tu une adresse mail stp ?
    Ce serait pour décrire des symptômes étranges et un peu similaires.
    Moi mon adresse est douniajoy@gmail.com
    Merci 🙂

  • Laisser un commentaire