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Je ne suis pas chiante, je suis allergique !

J’avais 6 mois quand on m’a décelé mes premières allergies alimentaires. Certaines ont disparu en grandissant (le lait, le soja) mais d’autres sont restées. Aujourd’hui je ne peux pas avaler un gramme d’œuf ou d’arachide sous peine de finir aux urgences voire pire. A moins d’un progrès miracle de la médecine dans ce domaine, je pense que je finirai ma vie avec ces allergies. Je vois autour de moi que de plus en plus de parents sont confrontés à la découverte d’allergies alimentaires chez leurs enfants. Mais je vous assure qu’avec un peu de prudence et beaucoup de bon sens on s’en sort très bien !

Expliquer les allergies aux enfants

Je pense que la meilleure des mise en garde est l’explication. Mes parents m’ont toujours bien expliqué que mes allergies n’étaient pas une option ou un caprice. Il fallait être vigilant car ma santé en dépendait. Très vite, à l’école, j’ai compris que je ne devais jamais goûter un gâteau ou des bonbons donnés par mes camarades. Seule la maîtresse pouvait me dire ce que je pouvais ou non manger (oui, elle, elle savait lire les étiquettes sur les paquets de gâteaux ^^). Les allergies sont maintenant courantes (encore plus que quand j’étais petite) et à l’école les enseignants sont formés sur les conduites à tenir. Je n’ai jamais mangé à la cantine étant enfant (ma maman ne travaillait pas mais je pense que cela lui faisait aussi très peur) mais comme pour les enseignants, les personnels de cantine sont maintenant parfaitement habitués à ces contraintes alimentaires. Des PAI (Plan d’Accueil Individualisé) sont mis en place à chaque rentrée scolaire pour les enfants allergiques. Ainsi, dans les cantines ces enfants sont clairement identifiés et des menus adaptés leur sont proposés. Il suffit donc d’être prévenant et de bien tout expliquer en début d’année scolaire.

Pour les fêtes d’anniversaire chez les copains, il suffit bien sûr de prévenir les parents qui comprendront sans souci. Et puis le principal est tout de même de rester vigilent. Un enfant reste un enfant. Je dis ça parce qu’à 6 ans j’ai été piquer en douce un morceau de Napolitain dans le frigo… 30 minutes plus tard j’étais aux urgences sous assistance respiratoire…

Enfin, qui dit allergie, dit médicaments d’urgence. Là aussi mes parents m’ont toujours bien expliqué leurs utilisations. Ainsi dès le collège, j’avais toujours mes cachets sur moi en cas d’incident. Ça m’a appris à me responsabiliser très tôt sur ma santé et aussi à me sentir plus en sécurité (et à rassurer papa-maman)

La vie d’adulte.

Une fois qu’on a l’âge de s’avoir lire et déchiffrer les compostions sur les emballages alimentaires c’est tout de suite plus facile. Aujourd’hui les marques (sous l’influence de certaines directives européennes) affichent bien en évidence les allergènes sur les compositions. Ils ont également l’obligation d’afficher les traces potentielles, qui peuvent être retrouvées en quantités infimes quand certaines machines servent à fabriquer plusieurs produits. Pour ma part, les traces d’œufs dans des paquets de gâteau ou autre ne m’ont jamais provoqué de réaction. Mais j’avoue que pour mon enfant je ne prendrais peut être pas le risque.

Finalement, le plus compliqué restent les sorties en extérieur. Même à 28 ans je me sens parfois mal à l’aise de devoir toujours répéter le même discours avant de commander au restaurant : « Excusez-moi je suis allergique aux œufs et à l’arachide qu’est ce que je peux manger ? ». Il y a toujours les restaurants très sympas qui vont tout faire pour que je puisse manger comme tout le monde, en m’adaptant les plats et ceux qui me disent qu’ils peuvent me faire un steak-frites… L’avantage, c’est que ça permet de repérer très vite les établissements qui font leurs préparations « maison » et ceux qui sont obligés de regarder les étiquettes des poches sous vide avant de les mettre au micro-ondes.

Après quelques mauvaises expériences de « au secours je ne peux plus respirer ! » parce j’avais eu un peu honte de demander aux serveurs je me suis promis de toujours être prudente et de poser les bonnes questions. Ce n’est pas un caprice, c’est une question de santé très grave et je n’ai pas vraiment envie de passer l’arme à gauche parce que je n’ai pas demandé si les pâtes étaient aux œufs.

Et la gourmandise dans tout ça ?

Pas de panique, on s’en sort très bien ! J’aime beaucoup cuisiner. Les plats tout prêts n’existent pas chez moi, je prépare tout maison. Sans doute parce qu’à force de lire les compositions des aliments on se rend vraiment compte de toutes les saloperies que l’industrie nous fait ingurgiter. J’avoue il n’y a pas souvent d’œufs et de cacahuètes chez moi (et Monsieur à l’air de pouvoir s’en passer sans soucis). Pour les entrées et les plats il n’y a pas vraiment de dilemme. Il est très facile de se passer de ces deux composants. Là où ça se complique c’est quand on parle des desserts. J’ai passé toute mon enfance à manger des tartes aux pommes (aujourd’hui je ne peux plus du tout avaler ça !). Quand on met les pieds dans une boulangerie 99,99% des pâtisseries contiennent de l’œuf (le 0,1% c’est la tarte aux pommes… :P). J’ai fait des dizaines, voire des centaines, d’expériences de desserts en prenant des recettes un peu tordues sur le net : en enlevant les œufs (après tout ça ne doit pas servir tant que ça, si ?), en les remplaçant par des bananes, de la fécule, de l’huile. La plupart du temps je me retrouvais avec une « brique » à la sortie du four. Pendant quelques années j’ai donc délaissé mes expériences catastrophiques en matière de sucré et je me contentais de deux boules de sorbets lors des repas de famille.

Et puis il y a 2 ans maintenant j’ai découvert le blog de Sybille Audollent : Z’Oeufs Peux Pas. Professeure des écoles et maman de deux petites filles allergiques aux oeufs, elle se lance chaque jour de nouveaux défis pour proposer à ses choupettes les mêmes desserts et que tout le monde. Et vraiment merci Sibylle ! J’ai acheté son livre de recettes dès sa sortie (avec une petite dédicace qui me fait toujours chaud au cœur quand j’ouvre le livre) et je ne m’en sépare jamais. Depuis j’ai pu goûter des crêpes, des gaufres, des moelleux au chocolat, des cookies, des brownies, des financiers, des bûches de Noël, des quiches, des meringues, des macarons (oui oui !). Et le plus drôle c’est qu’à chaque fois Monsieur me dit : « C’est dingue on dirait vraiment qu’il y a de l’œuf ». J’ai vraiment retrouvé l’envie de cuisiner des desserts et surtout je n’ai plus honte de les servir à des inviters. Bon je rêve toujours de manger un éclair au chocolat mais la pâte à choux reste absolument le truc impossible à faire sans œufs 😉

Tout ça pour dire que les allergies alimentaires quelles qu’elles soient, ne sont absolument pas insurmontables et qu’on peut vraiment vivre presque normalement aussi bien lorsqu’on est enfant, adulte ou parent.

6 Commentaires

  • Répondre Sibylle 19 novembre 2017 à 18 h 31 min

    Merci beaucoup! Je suis très très touchée de cette dédicace et tellement heureuse de pouvoir vous aider.

    Sibylle Audollent
    http://zoeufspeuxpas.canalblog.com

    • Angie - Métro Bureau Dodo
      Répondre Angie - Métro Bureau Dodo 19 novembre 2017 à 18 h 40 min

      Merci à vous ! Maintenant je peux enfin manger de vrais desserts ! Et Monsieur vous remercie également car c’est lui qui, avant votre livre, a subit toutes mes tentatives désastreuses 🙂

  • Répondre Marion - Mangue Coco 19 novembre 2017 à 20 h 18 min

    Bravo pour cet article ! Je trouve l’initiative de cette maman formidable, je ne connais personne d’allergique aux œufs dans mon entourage mais je serais heureuse de pouvoir conseiller cet ouvrage si l’occasion se présente. Et bravo à toi d’avoir su t’adapter à ce changement ! 🙂

  • Répondre Cannelle 27 novembre 2017 à 9 h 05 min

    Merci pour ton article. Je cherche désespérement des recettes de dessert sans oeuf (et arachide comme toi) pour l’ami de ma fille, attristée de le voir lui aussi abonné aux tartes …. et oui ce n’est pas facile pour les parents … oeufs/arachides pour mon futur gendre, tous les fruits à pépins/noyaux pour ma fille (bon encore elle, je peux les cuire) , idem pour ma nièce mais là même avec cuisson çà ne passe plus, les proteines de lait pour le neveu et la belle-soeur ( et comme on ne peut pas remplacer par le lait d’amande à cause de la nièce 🙁 … ) …. çà galère un peu pour les repas de famille 🙁 … Par contre ma maman qui pendnat des decennies ne pouvait pas avaler le moindre petit bout d’oeuf (à l’exception du jaune très cuit) a du jour au lendemain pu découvrir la saveur de la mousse au chocolat (avec parcimonie) et des desserts contenant des oaufs (seuls omelette et mayo ont du mal) .. on n’a jamais compris pourquoi mais elle est heureuse ! comme quoi, il y a encore de l’espoir 🙂 ……………. Merci à toi pour ton article et oui il faut savoir s’adapter 🙂

    • Angie - Métro Bureau Dodo
      Répondre Angie - Métro Bureau Dodo 27 novembre 2017 à 9 h 37 min

      Coucou 🙂 Merci pour ton commentaire ! Oui ce n’est pas évident il faut toujours trouver des astuces. Mais avec un peu de temps et de patience on arrive toujours à trouver de bonne idées. A bientôt !

  • Répondre ptite Delph 12 décembre 2017 à 15 h 42 min

    C’est important d’en parler pour montrer que quand on est habitué à telle allergie, on peut s’en sortir avec d’autres aliments (même si ça entraîne pendant un temps, une sacrée galère, comme pour les oeufs) Je suis contente que tu aies pu trouver un équilibre tout en faisant plaisir 🙂 Bisous

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